. Le théâtre, service public / Jean VILAR .

du 17 au 19 octobre 2008
vendredi 17, samedi 18 à 21h // dimanche 19 octobre à 16h

Création - compagnie Hubert Jappelle.
Lecture et adaptation par Hubert Jappelle

Extraits de Le théâtre, service public. Collection Pratique du Théâtre, Gallimard, 1975

à partir de 16 ans

Le Théâtre, service publicJean Vilar (1912-1971) a fondé le festival d’Avignon en 1947 (il l’a dirigé jusqu’à sa mort en 1971).
Son travail de metteur en scène, d’animateur de troupe et de penseur s’inscrit dans la lignée de pensée d’un Jean Jaurès, d’un Condorcet. Son action se situe dans l’élan du Front Populaire (1936), il pose obstinément, sans relâche la question de l’accès à la culture pour tous.
Il a dirigé le Théâtre National Populaire (aujourd’hui Théâtre National de Chaillot) de 1951 à 1963.
Jean Vilar a constitué une troupe de jeunes acteurs (il y tenait particulièrement) dont beaucoup sont devenus des célébrités, par exemple : Jeanne Moreau a débuté à Avignon à l’âge de 18 ans ! Il y a eu Philippe Noiret, Michel Bouquet (toujours vivant !) et bien sûr Gérard Philipe qui à trente ans jouait un Rodrigue magnifique.

Il faut de plus, situer "l'aventure du TNP" (3 000 places à Chaillot) dans son contexte historique : on sort de la guerre, le parti communiste est très puissant, la tension est-ouest (URSS-USA) est très forte (c’est la guerre froide).
Rappelons le risque de 3e guerre mondiale en 1961, avec l’affaire des missiles soviétiques s’installant à Cuba.
Rappelons l’assassinat de J. F. Kennedy.
Rappelons évidemment la guerre d’Indochine qui se termine par le désastre, la boucherie de Diên Biên Phu (1954) et la guerre d'Algérie qui s’achève en 1962 par la débâcle des "pieds noirs" débarquant en France, le massacre des harkis, etc.

Si j’évoque 1936, c’est aussi parce que c’est l’époque ou la notion de service public était fondamentale.
Lire des textes de Vilar aujourd’hui, ne témoigne d’aucune nostalgie que ce soit. C’est au contraire un rappel à la nécessité qu’il y a de défendre le service public au moment où une économie délirante s’acharne à le détruire méthodiquement !

Pour moi, lire Vilar aujourd’hui, ce n’est pas pleurnicher sur le passé, c’est situer ce qui arrive aujourd’hui dans le contexte de l’histoire.

Hubert Japelle

"Le public ne demande qu'à être guidé, conseillé, loyalement, honnêtement. Si l'on ne triche pas avec lui, il suit toujours le guide libéral. Sur le plan général de la culture et du savoir, l'audace a toujours été payante. Au théâtre comme à la télévision, dire : "le public de la télé, c'est Monsieur tout le monde, et Monsieur tout le monde, c'est aussi bien le benêt que le savant ; donc il faut des facilités pour le benêt et des nourritures substantielles pour le savant ; de tout pour tous."
C'est là, l'attitude la pire."

Jean Vilar, 1963


>> Tarif : 9 € / 6 € / 5 €
// vendredi et samedi à 21 h, dimanche à 16h
Réservations : 01 30 37 01 11 et billetterie@theatredelusine.net